BRAIN SUR LONGUENEE pendant les conflits armés.

 

Avant la Révolution, la Gabelle.

 

Avant la Révolution, les habitants se plaignent d’être continuellement dévastés à cause du trafic du sel ; Brain-sur-Longuenée et la forêt de Longuenée sont situés sur le passage du sel entre la Mayenne, la Bretagne et le Poitou : véritable plaque tournante de ce trafic, Ingrandes-sur-Loire n’est qu’à 25 km.

Les faux-saulniers, passant par la forêt de Longuenée, traversent les ensemensées et font des rotes dans les bleds (blés). Les employés de la gabelle, sous prétexte d’embuscades nocturnes, en font autant. Les uns et les autres rapinent les légumes en passant et brisent les clôtures. Ce trafic enlève des bras jeunes et vigoureux à l’agriculture, les domestiques deviennent introuvables et chers.

En Anjou, pays de grande gabelle, le sel est non seulement nécessaire mais sa consommation est obligatoire sur la base de trente livres pour une famille de quatre personnes : l’impôt correspond à un mois de salaire. Il faut acheter le sel vendu par les agents du fisc au grenier public (Candé).

Ce sel du devoir est tracé par des additifs qui varient chaque année. Des contrôles ont lieu pour voir si les paysans consomment bien du sel de l’année et égrugé et non pas le sel gris (non taxé, il est moins cher et réservé au bétail et aux salaisons), et non pas le sel blanc venant de Bretagne ou du Poitou.

 Même après le rattachement de la Bretagne à la France, cette province reste exempte de gabelle, le sel y est sept fois moins cher. En Poitou le sel est « rédimé » à cinq fois moins cher qu’en Anjou.

 Ingrandes-sur-Loire et le Fresne-sur-Loire sont deux paroisses frontalières entre l’Anjou et la Bretagne ; De plus, les Mauges font partie du Poitou, il suffit donc de traverser la Loire.

Le trafic se fait de nuit, individuellement, mais aussi en convoi avec bêtes de somme et chiens pour en découdre plus facilement avec les gabelous. (Marcel Lachiver)

Jean Sourice est cité comme gabelou à Brain vers 1730.          

Moyens de transport du sel :

              

            Source : Documents du musée du pays de Retz,  44580 Bourgneuf en Retz

  

Levée de troupes et  guerres de Vendée à partir de 1793.

 

            Une grande partie de la noblesse a émigré vers les Etats voisins, gouvernés sous le régime de la royauté. Après l’exécution de Louis XVI (21 janvier 1793), tous nos voisins européens sont groupés contre la France révolutionnaire, des mesures de salut public s’imposent. Le 24 février 1793, une loi est votée : tous les citoyens non mariés ou veuf sans enfants, de 18 à 40 ans sont déclarés en état de réquisition permanente et l’Assemblée ordonne parmi eux une levée de 300.000 hommes.

A Brain (900 habitants), quarante hommes sont requis par tirage au sort, en plus de huit volontaires. Les pauvres se vendent pour remplacer les riches. Les gens se marient pour éviter la réquisition (37 mariages au lieu de 8 ou 10 par an).

Cette mobilisation déclenche l’insurrection vendéenne en mars 1993. En janvier 1794 il est fait des battues en forêt de Longuenée pour débusquer les royalistes de Gené, de Brain et de Marans sous les ordres de Jacques Marais des Loges (dit « Langlois »), du prieuré de Grez. Quarante hommes de Brain ont quitté leur domicile pour la Chouannerie.

Madame Louise-Véronique Denis, veuve d’un soldat Républicain Pierre Trottier, choisit en deuxième noce René Voisine de Gené, capitaine de Chouans, dit « Va de Bon Cœur ».

L’église de Brain est incendiée par les Chouans.

En décembre 1794, deux troupes de 200 hommes chacune s’affrontent à Grigné, les Républicains perdent trente morts. Quelques jours plus-tard 300 Royalistes affrontent 200 Républicains à la Basse-Beuvrière, trente tués chez les bleus, un seul chez les Chouans. Battus, les Bleus se débandent vers le Lion et Brain.

Emigrés, les de Terves de la Beuvrière et de la Pouëze (Grand-Pierre et la Coulisse) s’impliquent dans la chouannerie.

En Janvier 1795, quatre-cent militaires républicains passent à Brain, venant de Bécon, ils campent au château de la Beuvrière. Des plats, des bouteilles, des poêlons sont cassés. Des fourchettes et cuillères sont emportées. Ils mangent des cochons, du beurre, de la graisse de porc. Ils boivent deux barriques de cidre, ils font un feu d’enfer dans les neuf cheminées… Six-cent livres de dégâts ! Charles Levoyer  marchand-fermier à la Beuvrière est indemnisé par la commune de Grez-Neuville.

Le mardi 6 août 1799 (19 thermidor de l’an VII) une battue contre les Chouans est organisée en forêt de Longuenée.

 

Une compagnie de Gens en armes à Brain

 

Ils sont hébergés à l’Auberge de La Croix blanche.

 

                          

 

            Les premiers actes d’état civil républicains en témoignent :

 

            Le 17 Fructidor de l’an 2 (Mercredi 3 Septembre 1794), à midi, a lieu la publication du mariage de Louis Pierre Tremier et de Scholastique Boullay.

Louis Pierre Tremier est majeur et caporal de la 2ème Compagnie des chasseurs de l’Eure dits d’Evreux, cantonnés à Brain sur longuenée, il est orignaire de Vitré (Ille et Vilaine).

Scholastique Boullay est veuve en second mariage de Jean Beauchêne natif de la Sarthe, elle est domiciliée à la Chapelle sur Oudon.

Cette publication est faite à haute voix puis affichée devant la porte extérieure de la Maison Commune de cette municipalité par François Denis (La Humbaudière) Officier de l’état Civil.

Le mariage aura lieu le 19 Fructidor, à 10 heures du matin. Les témoins sont :

Le Républicain Dufour, capitaine commandant la 2ème Compagnie et commandant la force armée de la Commune de Brain sur Longuenée.

Le Républicain Pierre Legué sergent de la Compagnie.

Le Républicain André François Bilheux, chasseur de la dite Compagnie.

Nicolas Fouquez aussi chasseur.

Les témoins ont signé à l’exception du sergent Legué qui a déclaré ne savoir signer.

 

 

 

 

 

La guerre de 1870

 

La guerre entre la France et la Prusse : nouvelle calamité qui vient s’ajouter à celle que nous fait subir la sécheresse qui persévère toujours. Les jeunes gens de la réserve et les soldats qui avaient obtenu des congés sont rappelés. La garde mobile de même. L’inquiétude préoccupe vivement les esprits.

(21 Juillet 1870, J Gourdon.)

            Notre guerre avec la Prusse et ses alliés a presque toujours été malheureuse. Nos armées viennent d’être écrasées sous les murs de Sedan (1er sept 1870). L’empereur a été fait prisonnier. Sa déchéance et celle de la dynastie a été demandée et proclamée à Paris. Une troisième république succède à l’empire.

(6 Septembre 1870, J. Gourdon.)

            Bazaine capitule le 27 octobre 1870. En Novembre l’armée de la Loire reprend Orléans mais la perd à nouveau et se disloque. Entre décembre 1870 et Janvier une deuxième armée de la Loire est sur pied avec Chanzy. Vaincu au Mans (10-11 Janvier 1871), il reforme son armée sur la Mayenne, mais l’armée de l’Est est arrêtée devant Héricourt (15-17 Janvier ). C’est la chute de Paris et l’armistice le 28 Janvier 1871.

           

Passage de troupes par Brain-sur-Longuenée

 

            Après la perte de la bataille du Mans par notre armée dite de la Loire, le gouvernement de la défense nationale de Paris a vu que la lutte n’était plus possible, d’autant plus que nos autres armées du Nord et de l’Est étaient également refoulées. A bout de vivres et sans espoir de succès, Paris devait transiger avec l’ennemi. C’est ce qui a eu lieu. Nous n’avons point à raconter ici des faits et des évènements qui appartiendront à l’histoire. Je me borne à relater ce qui pourrait être regardé comme des accidents de ces grands faits et qui intéresse par suite cette paroisse même.

            Donc, comme conséquence des arrangements pris par les parties belligérantes, et sans que nous sachions encore le motif de tous ces mouvements de troupes, l’armée de la Loire cantonnée en avant de Laval a détaché plusieurs corps pour les faire passer au delà du fleuve de ce nom et les diriger, dit-on, vers le midi. Comme ce pays s’est trouvé sur le passage de ces troupes, il s’en est suivi que cette paroisse a servi de séjour à toute la division du général Colin du 21 ème corps d’Armée depuis le jeudi 16 Février à partir de 4 heures du soir jusqu’au lendemain à midi. Pendant cet intervalle le bourg et la plupart des lieux de la campagne ont eu à loger de 12 à 15.000 hommes. J’ai donné l’hospitalité aux militaires dont les noms suivent :

MM.  Le Général des Moutis, le capitaine de Bossieu, le capitaine Leroy, le lieutenant de Vauvineux, ses aides de camp.

Puis à un groupe de soldats, dits ordonnances du Général, ce sont : Théodore Monnier, Albert Leduc, Isidore Gachelin, Constant Collet, Auguste Verrier, Bazire.           

            Toutes ces troupes se composaient de mobiles, à quelques exceptions près. Deux jours auparavant nous avions reçu quatre vingt hommes de cavalerie, tirés des différents régiments et servant d’éclaireurs.

            Hier dimanche sur les 4 heures du soir 3500 hommes de troupes de ligne nous sont encore arrivés. Le plus grand nombre a été distribué sur la campagne. Tous sont repartis ce matin. J’ai eu à loger un capitaine-major M. Vacrot, du 19 ème corps d’armée. Cette troupe était sous les ordres du colonel de Brème, faisant fonction de Général.          (18 et 21 Février 1871, signé J.Gourdon, curé.)

 

La Guerre 1914 - 1918 : trente et un morts pour la France

 

Ils avaient entre 21 ans et 45 ans, certains étaient mariés et pères de famille.

Ils étaient simples soldats, quelques uns caporaux, sergent ou sous-lieutenant.

Ils sont morts dans la Marne, la Somme, la Meuse, en Belgique, en Turquie ou de retour à Brain.

Ils sont morts au combat, ou à l’hôpital, des suites de maladie ou de blessures.

L’un d’eux, René Vaillant du 101 è RI faisait partie des 2000 soldats naufragés du Gallia torpillé en 1916.  

 

Détail de la liste des personnes inscrites sur le monument aux morts de Brain                        

       

 

La guerre 1939 - 1945.

Le Curé Pierre Geley raconte : «  Le mercredi 19 Juin 1940, les allemands sont entrés à Brain ; ils avaient bombardé le Lion d’Angers, Neuville, Vern d’Anjou, mais pas Brain ; ils se dirigeaient vers la Pouèze et la Loire. »

         Simone de Beauvoir est réfugiée à la Pouèze, Jean Paul Sartre est militaire, peut-être prisonnier.

Elle confirme dans « La force de l’âge » l’arrivée à cette date des allemands à la Pouèze, un détachement important s’y installa.

            Les habitants de Brain vécurent le souvenir des deux soldats morts pour la France, la misère des 22 prisonniers et déportés, les problèmes d’approvisionnement, les réquisitions de denrées ou de chevaux, les risques de dénonciation et d’envoi en camp de concentration.

            « Les 8 et 15 février 1942, pour alimenter la caisse du comité de secours aux prisonniers de guerre, un certain nombre d’hommes firent une battue de lapins (sans fusil naturellement) ; ils en firent 75 la première fois et 94 la deuxième fois. On les vendit aux enchères après la grand’messe, ils s’achetèrent 45 et 50 francs la pièce, la vente rapporta plus de 8.000 francs. Des séances récréatives et des ventes de gâteaux furent aussi organisées. » Pierre Geley, curé.

            Juin 1943 : l’événement tragique des élèves-maîtres et de Messieurs Alix père et fils est relaté dans le chapitre La résistance

 

La guerre d’Algérie 1954 – 1962

Les appelés du contingent en Algérie

Témoignage d’un appelé du contingent en Algérie.

 

Sources : Archives paroissiales, municipales, départementales.

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