Le cimetière et ses monuments

 

Du petit au grand cimetière

En 1639 l’épidémie (peste, choléra ou plutôt dysenterie) fait 152 morts, ce sont 25 ou 30 morts qu’il faut enterrer certains mois d’été.

Les puits sont de faible profondeur, creusés dans le marécage, sous les maisons ou en bordure de la rue, tout proches des sépultures de l’église et du petit cimetière, au milieu des immondices. Les habitants du bourg vident leurs vases de nuit par la fenêtre, parfois « sans crier gare ».  Les malades et leur famille vivent dans une fatale promiscuité. La contagion se transmet de façon fulgurante.

Cette carence en eau potable explique l’engouement auprès des deux fontaines « miraculeuses » de St Didier (route de Vern) et du Puits Hervé (près de l’oratoire) : trouver une eau claire et potable tenait vraiment du miracle.   

L’ancienne église et le petit cimetière ne suffisent plus, le nouveau cimetière est ouvert en plein champ.

Le haut du cimetière est réputé plus sain que le bas qui est humide, les emplacements y sont très recherchés. Le cimetière est alors sous la responsabilité du curé de la paroisse ; le curé Jacques Bellanger (1729-1751) n’est pas tendre avec les mécréants. « Le 13 mai 1733, l’un des domestiques de la Faucherie est retrouvé mort dans son lit ; sur ordre de l’évêque Mgr Vaugirault, il sera enterré au bas du grand cimetière (en deçà du mur actuel) sans aucune cérémonie de l’église, sans aucun suffrage, sans sonner les cloches, parce qu’il n’avait point fait de Pâques depuis vingt ans et qu’il vivait en athée et impie »  - archives départementales.

 

La chapelle Ste Anne

La chapelle Ste Anne y est construite en 1640 par le vicaire François Poyfélon, il y sera enterré le premier en 1651, emporté par la dysenterie qu’il avait essayé de soulager.

     

 Dans le plan terrier de 1750~ la chapelle Ste Anne est appelée chapelle St René, sans doute une erreur de transcription.

               

                                                                       Blason des de Terves - du Chilleau

            Ce sont 28 prêtres ou notables (liste du Curé Gourdon) qui se firent enterrer dans cette chapelle jusqu’en 1864. Peu à peu la famille d’Orvault, de la Selle, de Terves (La Beuvrière), puis la famille Mauvif de Montergon font de la chapelle Ste Anne leur lieu habituel de sépulture, ils la réparèrent en 1860.                                              

Procès-verbal de la réouverture au culte de la chapelle Ste Anne du cimetière : En 1860, le curé Gourdon relate l’état de délabrement de la chapelle Ste Anne et la participation des familles de Terves (Beuvrière) et Mauvif de Montergon pour la restauration : lambris neufs, peinture des murs, remplacement du dallage, fourniture de deux statuettes, d’un crucifix et de quatre chandeliers. L’autel a été construit aux frais de la Fabrique. «Le 24 septembre 1860, le culte est repris avec l’autorisation épiscopale, la dite chapelle reste chapelle paroissiale… » signé J.P. Gourdon, curé.

En juillet 1891, le maire Adolphe Mauvif de Montergon atteste cette chapelle comme communale.

En octobre 1931, le maire René Allard donne ordre de surseoir au creusement d’une nouvelle tombe dans la chapelle Ste Anne par M. de Montergon (fils d’Adolphe) pour sa sœur Elisabeth, lui déniant ainsi son droit de propriété. Le 23 juin 1932, le conseil municipal décide de reconnaître la propriété de la famille.

Actuellement les descendants participent à la restauration et à l’entretien de la chapelle Ste Anne.

 

Le monument aux morts

         Le monument aux morts a été construit en 1919 par Pierre Gillard, granitier à Bécon.

Voir la liste des 33 soldats des deux guerres

 

                                               

 

  Le monument  Richou : une famille d’industriels face à l’ancienne noblesse

René Richou et Anne Richou (Richou-Richou) sont des industriels de la meunerie, ils viennent du moulin de la Roussière. Jeanne Martine Richou, sœur de René Richou sera la grand-mère de Julien Pierre ange Bessonneau (toiles et corderies Bessonneau, Angers) et de son épouse Françoise Marie Besnard. Désiré Richou, frère de Anne Richou, est le fondateur de la banque Richou. Joseph Richou petit neveu de Anne Richou est architecte et réalise le projet de la mairie-école de Brain en 1840.

Depuis 1831, ils sont propriétaires de l’ancien château et ferme de la Maison Blanche. Ils ont construit l’actuel château et dépendances en 1864. René Richou sera maire de Brain de 1837 à 1840. Mathurin Richou, frère de Anne Richou a acheté la Simonaie en 1824, il la reconstruira.

Eugène Richou, troisième Fils de René et Anne Richou se marie en 1849 avec Joséphine Naveau de Saint-Denis-d’Anjou ; en 1853 ils achètent la Saulaie qu’ils reconstruiront pour l’habiter.

En 1853, afin de procurer du pain aux indigents et du travail sur les chemins vicinaux, la municipalité (Charles Poidevin, maire) décide de vendre le bas du cimetière (800 m²) à Eugène Richou, adjoint.

Leur fille unique Eugénie, née en 1854, décèdera en 1863, à l’âge de 9 ans. En 1856 ils reconstruisent le calvaire du carrefour de la Saulaie. Eugène Richou sera maire de 1870 à 1879. Eugène Richou décède en 1889, son épouse Joséphine Naveau en 1910. En 1901, afin de faire face à ses créanciers, Joséphine Naveau, veuve de Eugène Richou, devra vendre la ferme de la Bouquetière et son « château-folie » de St Denis d’Anjou aux Girard, pharmaciens à Feneu.

En mars 1889, la municipalité (Adolphe Mauvif, maire) accepte un legs testamentaire de Eugène Richou, au profit du bureau de bienfaisance (Alexandre Richou, son neveu, exécuteur testamentaire) … et la construction de la chapelle Richou (architecte Auguste Beignet, époux de Rose Richou petite cousine de Eugène Richou), à condition que la moitié de l’emprise au sol (70 m²) soit en dehors du cimetière et que le mur ouest soit construit aux frais des Richou. La gratuité de la concession étant destinée exclusivement à Eugène Richou, Joséphine Naveau  et leur fille, toute autre sépulture devra être acquittée des frais de concession de 2 m² par personne inhumée.

 

 

          

                                Epitaphes de la crypte du monument Richou

 

                   

                                     Tombes du curé Gourdon et de son père

 

Longtemps le cimetière ne fut entouré que d’une haie vive, la vente de l’herbe du cimetière faisait partie des revenus du curé Antoine Simon vers 1770 ; il faut attendre 1844 pour que la municipalité le fasse entourer du mur actuel, terminé en 1891.

 

Anecdote géologique et funéraire : Il y a encore peu de temps, les services funèbres étaient assurés par des gens du pays, désignés par la municipalité ou choisis par les familles. L’un des derniers fossoyeurs locaux raconte :

Le haut du cimetière est situé sur un banc de cosse (schiste ardoisier), les strates sont inclinées. Les tombes étaient creusées à la pelle et on suivait l’inclinaison du rocher pour éviter les éboulements. La tombe était décalée par rapport au monument et « quand la famille se recueillait, elle priait aussi pour les défunts d’à côté ».

Vint le marteau-piqueur et les fosses bétonnées, il fallut progressivement redresser. Il arriva que la tombe creusée, le cercueil voisin vint à s’écrouler et compliquer notre travail, « c’était madame Unetelle, elle n’avait jamais tenue en place, cette femme-là ! » 

Sources : Curé Gourdon - A.D.49 - Conservatoire territorial du patrimoine -        

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