Fait de résistance dans le Segréen et à Brain sur Longuenée

 

Contexte : En mars 1943, au lycée de filles Joachim Du Bellay, la directrice Mlle Marie Talet, quatre professeurs et une élève sont arrêtées et déportées pour tendance anti-allemande.

Les F.T.P.F. (Francs tireurs et partisans) du Segréen décident de cambrioler les mairies pour récupérer : machine à écrire, cartes d’alimentation, cartes d’identité, tampons. Dans la nuit du 16 au 17 juin 1943, sept hommes armés : Bacquet, Porcher, Pelluau, Moine, Clément, normaliens, Alix père et fils cultivateurs à la Membrolle, à vélo dévalisent la mairie de Vern.

            Afin de camoufler leur butin, à partir de la Méturie, ils prennent la direction de la Maison Neuve (Brain sur Longuenée, chez Albert Leray) où habite l’un d’eux et où sont stockées des armes.

            Il est minuit, le groupe se trouve face à deux feldgendarmes allemands armes à la main. Deux F.T.P. tirent et tuent les deux militaires. (Paul Leray et François Beloin, le Hêtre, se souviennent). Un troisième allemand embusqué s’enfuira chercher de l’aide au campement établi en forêt de Longuenée. Le groupe s’éloigne à travers champ, bicyclette sur le dos, Porcher abandonne son vélo.

 

                                          

Ernst, chef de la Gestapo à Angers

 

 

 

 

Tragiques conséquences

 

         Sur le vélo abandonné, la liste et les adresses de tous les normaliens membres du F.N. (rien à voir avec le F.N. de j.m.le Pen) De retour à Chevrollier après une quinzaine de bachotage à la maison, les élèves-maîtres sont cueillis par des policiers français, les épreuves du bac étaient prévues le 23 juin.

Extrait de l’Anjou des années 40 de Michel Lemesle - Photos l’Anjou Laïque

Des anciens élèves d’autres promotions furent également arrêtés par la police de Vichy, début juin 1943, ils étaient devenus instituteurs-stagiaires, plusieurs étaient originaires du du Segréen ou y enseignaient. 

Leurs noms ont été donnés à plusieurs établissements scolaires de la région.

 

C’est le préfet d’Angers Jean Roussillon qui ordonne, il est aussi préfet de Région (1) de Juin 1941 à août 1943. (Pierre Daguerre est préfet délégué.)

(1) « Région d’Angers » sous Vichy : Vendée, Maine et Loire, Mayenne, Sarthe, Loire Inférieure, Indre et Loire (partie occupée).

C’est le même Jean Roussillon qui avait placardé à Nantes, le 21 octobre 1941,une augmentation (+500.000 francs) de la prime à la dénonciation après l’attentat contre le feldkommandant Hotz. Résultat, les 50 otages sont fusillés le 22 octobre 1941.

 L’inspecteur d’Académie Jean Fuster propose aussitôt au préfet  la révocation de ces « Instituteurs Terroristes »

            Les Administrations d’Angers se sont particulièrement signalées pour leur collaboration active (Préfecture, Police, Tribunal…)    

Gabriel et Julien Alix, agriculteurs, étaient dans le réseau de résistance des francs-tireurs et Partisans. Ils avaient pour missions le sabotage de lignes de chemin de fer, l’incendie de parcs de fourrage, la récupération de tickets d’alimentation. Ils furent arrêtés à la Membrolle le 1er décembre 1943 et fusillés à Belle-Beille le 13 décembre 1943 en même temps que cinq instituteurs-stagiaires.

A Angers, une rue de la roseraie, quartier d’Orgemont porte le nom de « Gabriel & Julien Alix » 

            « La famille Alix cachait des aviateurs, le père et ses deux fils furent poursuivis par les allemands, l’un d’eux s’en échappa. Il travaillait à la ferme de l’Etang, il se cacha sous le pont de chemin de fer mais dut fuir à cause des chiens, Mme Borel voisine de la Ravaillère lui prêta des habits de son mari pour tromper les chiens. Madame Alix fut envoyée en déportation.» (Association St Martin, éditions Herault)

documents extraits de « Adrien Tigeot » par Yves Chevallier, Jacques Huchet

 

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