La nouvelle Eglise

 

Dès 1834 la fabrique de Brain  et le conseil municipal se posent la question de construire une église plus grande pour une paroisse de 1100 âmes alors que l’église ne pouvait contenir que 250 personnes assises : en attendant, les deux chapelles sont agrandies.

Les plans de la nouvelle église sont dressés par l’architecte Beignet en 1893. (curé : Pierre Dalaine, maire : Adolphe Mauvif de Montergon) Les travaux de construction s’étalèrent de 1894 à 1895.

 

                                    

 

Plan de la future église. La basse nef, le clocher, le chœur et la sacristie nord-est (en noir) devaient être conservés, ce ne fut pas possible.

         Archives Départementales 49, Service départemental de l’Inventaire, photographe Bruno Rousseau.

 

 

               

 

La nouvelle église (couleur violet) est construite autour de l’ancienne (couleur noir). La basse nef et le chœur se superposent.

 

 

 

 

 

 

 

 

             1895        

 

L’exiguïté du terrain a rendu nécessaire l’emploi de la forme octogonale analogue au plan d’Aix la Chapelle,  très en honneur en Italie.

 

Une bonne nouvelle : En 2006, la commission régionale du patrimoine et des sites des Pays de loire a inscrit au titre de monument historique l’église Saint Didier à Brain-sur-Longuenée.

 

           

                        

 

La sacristie sud sera démolie, la sacristie nord-est sera conservée. Le chœur devaient être conservé, le clocher aussi, mais finalement même la partie basse nef (sous l’ancien clocher) sera reconstruite.  (trois photographies en 1894 par Joseph Dubois, instituteur public)

            Cette nouvelle église coûta 84.397 francs dont 50.000 par la commune et le reste par la fabrique.

 

 

 

 

Les stalles du chœur peintes en faux bois, les trois autels en marbre et le tabernacle du maître-autel ont été récupérés dans l’ancienne église.

 

 

        

 

Il en est sans doute de même du vitrail de l’évêque (il manque Sainte Claire), de la table de communion en fer forgé et du tableau de St Jean Baptiste peint et offert par la Marquise de Grignon.

 

                              

St Adolphe, évêque              Sculpture, façade de Montergon       Tableau de st Jean Baptiste

                                Photo de Bruno Rousseau, service départemental de l’Inventaire.

 

Etrange ressemblance entre le vitrail de l’église et la sculpture sur la façade du château de Montergon : l’église et le château ont été construits par Mr Mauvif Adolphe (saint très vénéré et prénom très courant …avant la guerre 39-45 !).

Le confort ne fut pas oublié : sanitaires dans la sacristie, chaufferette à charbon tout le long du maître-autel (les offices étaient longs pour les officiants !), énorme lampe à carbure au-dessus, en attendant l’ampoule électrique votée par le conseil municipal en 1929.

 

L’ancienne église comportait trois cloches : Elles ont été réinstallées dans le clocher, après des réparations des mécanismes.  

             

N° 1 : La plus petite : Guy-Gabrielle installée en 1702 eut pour parrain Guy Simon, écuyer, seigneur du Feuil (père du Curé Antoine Simon de la Besnardayes, constructeur de la nouvelle cure) et pour marraine Gabrielle Hullin de la Selle, épouse de Antoine d’Orvaulx, seigneur de Champiré, de la Frappinière et de la Beuvrière. Poids : 375 livres (~150 kg)

Fêlée, elle a été refondue en 1952 (fonderie Bollée, St Jean de Braye près d’Orléans), elle a perdu un peu de poids, elle est située au milieu des deux autres. Elle a été rebaptisée Bernadette-Andrée, ses nouveaux parrain et marraine furent André Carteron (Montergon, maire) et Bernadette Mauvif de Montergon (La Houssardière)

 

N° 2 : La deuxième : Marie-Eugénie, installée en 1869 eut pour parrain le vicomte Eugène de Terves et pour marraine Marie de Terves, baronne de la Rochebrochard  (Les De Terves sont de la Beuvrière). Elle est située à l’ouest du clocher. Poids 235 kg

 

N° 3 : La troisième : Marie-Adolphine, installée en 1869 eut pour parrain Adolphe-Marie Mauvif de Montergon et pour marraine Marie de Lozé. Elle est située à l’est du clocher. Poids : 168 kg

 

Elles sonnent le La, le si et le do dièse.

          

                        (3) A l’est :                         (1) Au centre : Guy-Gabrielle                       (2) A l’ouest :

       Marie-Adolphine.                     refondue Bernadette-Andrée.                       Marie-Eugénie

                            

                     La Vierge et l’Enfant est un tableau du 18 ème, il a été restauré en Août 1995    

 

Adolphe Mauvif de Montergon, maire depuis 1884 et organisateur de pèlerinages en terre sainte, à Rome et à Lourdes, fit poser à l’extérieur de la basse nef, au dessus du socle aux annonces, un quatrain de sa conception, en vieil français « Quand la Loy des humains - par cry se fait connaistre - souvenez-vous Chrestiens - que Dieu seul parle en Maistre» accompagné d’un rébus un peu tiré par les cheveux : «Brin sur longue nef ou navis» (brin de genêt sur un bateau).

En 1895 il reçu en cadeau deux statues de N.D. de Lourdes, l’une est à l’intérieur, l’autre sur le sommet de l’église : l’église était terminée et les artisans locaux eurent un mal fou à la hisser la-haut : elle est en fonte et pèse 800 kg (C’est le père Michel menuisier qui l’a peinte couleur argent). Son socle fixé sur un poinçon de bois, a récemment été rabaissé et bétonné pour des raisons de sécurité, l’escalier et la rambarde ont été supprimés.         

                                                                                                                   Saint Expédit   

                                      

 

            En 1906 Adolphe Mauvif de Montergon fut révoqué pour avoir replacé les crucifix dans les 3 classes de l’école publique : il en plaça deux dans l’église accompagnés de son écharpe, l’autre dans la chapelle du cimetière.           

Une anecdote en ce qui concerne St Expédit : il n’aurait jamais existé, il a même été rayé du calendrier lors d’un ménage officiel de Rome. Encore très honoré dans l’île de la Réunion, il serait le fruit d’une erreur de lecture : sur une caisse venant de Rome et contenant une statue représentant un soldat romain et des reliques, il y avait une étiquette abrégée «  in expedito », sans préciser de qui étaient les reliques.

Sa statue le représente avec la palme du martyr dans la main gauche, une croix dans la main droite sur laquelle il est écrit : Hodie (aujourd’hui), écrasant de son pied gauche un corbeau qui répond Cras (demain).

 

La Grand-Messe du dimanche. Tout le monde assistait à la messe de 11 heures (heure solaire), sauf bien sûr les lève-tôt qui étaient déjà allés à la messe de 6 heures : les aubergistes, les épicières, la quincaillière, les forgerons, les commis de fermes, les servantes des châteaux…

Du haut de sa chaire, le curé faisait son compte : tous ses paroissiens avaient accompli le devoir dominical… Tous, sauf deux rosières retardataires qu’on n’allait pas attendre, mais aussi deux mécréants (=mal-croyants), « tant pis, on les enterrera en bas du cimetière, à côté du dépotoir de fleurs et accessoires ».

Les religieuses et les filles de l’école avaient leur tribune ; les chantres en chape faisaient face dans l’autre tribune ; le bedeau préparait sa corbeille en appâtant avec quelques grosses pièces ou billets ; les commerçants en bestiaux se tassaient en bas de l’église, sur des tabourets qu’ils avaient empruntés au cabaret du coin ; les bourgeoises avaient apporté leur chaufferette.

Le curé commençait à l’heure : un rayon de soleil dans le vitrail sud prévenait que l’horloge allait tinter les onze coups.

L’Introït à peine commencé, la grande porte en bas de l’église grinçait sur ses gonds : les deux jeunes demoiselles de G. de la F. entraient, en retard comme d’habitude ; elles allaient, capeline sur la tête, sévèrement corsetées et chaussées de bottines hautement lacées , remonter le carreau de brique de l’allée centrale pour rejoindre leur banc à gauche, en haut de l’église, noblesse oblige. Elles habitaient dans une belle demeure, mais pour arriver, il fallait traverser à pied un village, emprunter des chemins boueux et, dans le bourg, changer de chaussures.

Le curé suspendait l’office sans se détourner ; les enfants de chœur avaient du mal à ne pas pouffer de rire ; les hommes baissaient leur regard, tout en admirant en passant le train de vie de ces deux demoiselles ; un simple coup d’œil suffisait aux matrones pour vérifier que la morale était sauve et qu’on ne les marierait pas de cette année.

Après cet entracte pendant lequel certains avaient pu chuchoter les cours des bovins à la foire du lendemain, ou penser à la dinde qu’ils allaient manger ce midi, l’Office pouvait reprendre.

Toute ressemblance avec des personnes ayant existé, serait le fait d’une pure coïncidence.          

           

Sources : manuscrit du Curé Gourdon(1851-1871) - Célestin Port - A.D.49 -Claire Steimer, conservateur territorial du patrimoine - Photos des cloches Xavier Brault - Accueil. -      Jean Poussin - Contact