La légende du souterrain de la cure de Brain-sur-Longuenée.

 

Légende signifie « ce qui doit être lu » dans un plan, dans la biographie d’un personnage ou au travers d’une apparente réalité.

La transmission orale nous rapporte qu’il existait un souterrain qui allait de la cure de Brain au château de la Beuvrière. Jean Marie Pelt disait « il faut écouter les anciens, même si tout n’est pas vrai, il faut tout noter, on vérifiera après. »

 

                          

 

Un ouvrage important : Le souterrain partirait de l’actuelle mairie, près de l’agence postale, longerait la vicairie, passerait sous la maison de Lucrèce de Mergot, sous l’église, sous la nouvelle école publique, sous le Thiberge (Thibert), par la Maison Blanche, la Ménagerie (Briais), la Foucheraie, la Haute Beuvrière et le Domaine, en suivant le chemin vicinal N°3, soit près de 3 km.

 

 

                        extrait de la carte I.G.N. - feuille de Segré, N° 1421 E           

 

 

Le creusement, sans compter le foisonnement, aurait donné, de la cure à la Ménagerie : 7.200 m3 de grave ocre (conglomérat quartzeux de type Gourin) ; et de la Ménagerie au château : 4.800 m3 de cosse (schiste gris) ; ça fait un tas : plus de 240.000 brouettes ! Il est vrai que ces deux matériaux pouvaient servir sur place, pour construire murs, maisons et châteaux ou encaisser le chemin vicinal N°3.

 

           

 

            extrait de la carte géologique de la France - feuille 422 de Segré - brgm 1998

                        Pour la légende de la carte, se faire aider par un géologue.

 

 

 

 

 

            Une série de faits étranges : Un fait récent : en 2004, lors des fondations de l’école publique, le constructeur n’a pas trouvé le dur, il a fallu couler du béton : ancien lit du Thibert ou le souterrain ?

            Autre fait : entre 1751 et 1756 le curé Antoine Simon de la Besnardays a fait creuser, sous la fuie (pigeonnier) une cave pouvant contenir 15 busses (barriques) de vin : plus de 3.000 litres, il faut du monde pour boire ça ! « In vino veritas ». Il suffirait d’ouvrir la porte murée de cette cave, de la vider de ses détritus accumulés pendant plusieurs années, pour découvrir…peut-être une vieille bouteille oubliée et, pourquoi pas, l’entrée du souterrain et un trésor de pièces d’or ?

« La cure de cette paroisse était réputée riche, et en effet, indépendamment des dîmes nombreuses qu’elle recueillait autrefois, elle possédait d’assez grandes terres qu’elle a perdues entièrement au temps de la Révolution. Elle avait également toutes les maisons qui longent le jardin de la fuie (la rue de la cure), c’était ce qu’on appelait la vicairie, ce qui veut dire que c’était là qu’habitaient les vicaires de cette paroisse. » (curé Gourdon p.29)

 

Jacques Bellanger curé de Brain de 1729 à 1751 vivait chichement, brûlant même les bois de charpentes de la cure pour se chauffer. En 1751 il vend sa charge au curé Antoine Simon de la Besnardays, natif de Brain, fils de Guy Simon et Marie Nepveu, seigneurs du Feuil.

            En arrivant à la cure, Antoine Simon va remuer ciel et terre, et plutôt terre que ciel. Il rénove la fuie, creuse la cave extérieure, fait aménager des douves autour de la propriété, construit la grange et les écuries, agrandit l’étang, édifie une fontaine voûtée en tuffeaux … Où prend-il l’argent ? A-t-il eut vent d’un trésor caché ?

En 1762 il agrandit la cure : façade sud actuelle. Il encaisse pendant vingt ans les revenus de la cure, de la fabrique, de la Boète des trépassés, sans en rendre compte et sans entretenir l’église qui tombe en ruine. En 1772 il est accusé par les responsables de la fabrique : il se réfugie à la Lussière (Vern) pour y construire encore, puis va secrètement se cacher au monastère de la Meilleraye pour échapper à la justice, il y mourra.

« C’était un prêtre, dit-on, trop occupé des intérêts matériels. Le triste zèle qu’il leur consacrait le rendit un homme de procès et le jeta dans des écarts déplorables qui ont terni sa réputation. Pendant qu’il fut curé à Brain, il n’y fut pas aimé et se montra très peu sociable avec ses vicaires qu’il ne gardait pas longtemps ». (curé Gourdon p. 38) - En vingt ans il aura changé douze fois de vicaire … Peut-être craignait-il, qu’en restant trop longtemps, l’un d’eux découvre son magot ?

Jean Crasnier, vicaire de St-Clément-de-la-Place, lui succéda de 1772 à 1799. A la Révolution, il prêta serment à contre-cœur, puis se rétracta et vécut caché à Brain, exerçant son ministère dans la clandestinité, hébergé par les paroissiens et protégé par sa famille républicaine de St Clément de la Place. Il mourut et fut enterré à Brain avant la réouverture des églises en 1800. (curé Gourdon p. 39)

A Brain ,comme dans beaucoup de paroisses, les curés avaient beaucoup de relations avec les Seigneurs qui tenaient une place prépondérante dans l’église locale : d’où la multiplication réelle ou imaginaire des souterrains entre la cure et le château.

A la Révolution beaucoup de Nobles, confiant leur domaine au personnel et aux femmes, émigrèrent vers les royaumes voisins de la France, pour revenir ensuite dans la chouannerie, ce fut le cas des De Terves de la Beuvrière.  Les braves gens supposaient parfois qu’ils étaient restés cachés, mais où ?

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Légende ou vérité ?  Même si l’interprétation de cette histoire tient peut-être de l’imaginaire, les faits cités sont authentiques, mais que cela reste entre nous. Mieux vaut ne pas ébruiter cette affaire de souterrain et de trésor caché, afin d’éviter une invasion de médias et de touristes, à la recherche du scoop et de l’insolite.

 

 

 

Jean Poussin. Sources : curé Gourdon - A.D.49 - Conservatoire du patrimoine - autres sources secrètes.

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