Le manuscrit du Curé Gourdon

 

C’est un document de 250 pages écrit de la main du curé Gourdon, sur un cahier relié, à couverture cartonnée, au dos entoilé, et constitué de pages blanches sans lignes, au format 230 x 340 mm ; une marge à droite est tracée à la main ; ses successeurs ont seulement écrit les 8 dernières pages.

L’écriture est très fine mais lisible, en parfait français, sans aucune faute de style ni d’orthographe. L’absence de lignes donne une écriture parfois montante en bas de page. Des sous-titres et de nombreux compléments sont ajoutés en marge, des ratures apportent après coup des précisions.

L’original est conservé à la mairie de Brain-sur-Longuenée, mais il est conseillé d’en consulter la photocopie. Une autre copie a été déposée au Service départemental de l’Inventaire, 106 rue de Frémur à Angers. 

 

Le Curé Gourdon

 

Jean Pierre Gourdon est né à Jallais en 1807, il est arrivé à Brain-sur-Longuenée le 7 juin 1851, il y est décédé le 15 Avril 1871 dans sa 65 ème année.

Son père Joseph-André Gourdon né en 1773 vivait avec lui depuis 1847, il venait de décéder à Brain l’année précédente le 9 janvier 1870 dans sa 97 ème année. A 19 ans il s’était engagé dans les guerres de Vendée, il avait ensuite été tailleur d’habits à Jallais, veuf deux fois et père de 3 enfants.

Ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière de Brain-sur-Longuenée.

                                          

                                  François Leroux fils, messager de Brain-sur-Longuenée           

L’arrivée à Brain-sur-Longuenée du nouveau Curé

 

Jean Pierre Gourdon avait été curé de St-Cyr-en-Bourg pendant trois ans, il prenait ensuite la place du curé Jacques Leroy décédé à Brain en mai 1851.

Nommé à Brain le 2 Juin 1851 par Monseigneur Angebault, il fit halte pendant cinq jours chez son ancien curé M. Ferrand, curé de Beaufort-en-Vallée qui accepta de venir lui donner l’investiture.

C’est le curé de Beaufort-en-Vallée qui l’amena en voiture à cheval. Les enfants de Brain l’attendaient à la Membrolle, les autorités l’accueillirent en limite de commune, au Claireau : Jacques Poidevin maire, Eugène Richou adjoint, Marie Mauvif de Montergon président de la Fabrique, ancien maire, conseiller municipal, Frédéric Denis instituteur. Le reste du chemin se fit à pied. En passant devant Montergon il fut salué par la famille Mauvif : Rosine Pinac et sa soeur Elisabeth Pinac épouse en 2ème noce de Marie Mauvif…Marie-Lise et le petit Adolphe âgé de six ans et demi (il sera maire de 1884 à 1907).    

Le sacristain Mathurin Bedouet était au clocher et carillonnait. La population entière était présente, elle avait été prévenue par François Leroux aubergiste au Cheval Blanc et « messager », parti d’Angers avec son cheval au galop, malgré sa lourde charge de colis et missives.

Le nouveau curé fut conduit dans l’église décorée de fleurs, puis à la cure où un bon et honnête métayer Trillot de la Fourrie Tesnier lui offrit une bonne et fraîche livre de beurre avec une douzaine d’œufs ; mais il fut ensuite logé pendant huit jours à la Houssardière, chez le maire Jacques Poidevin, la cure était en réparation.

                         (Extrait des pages 1 et 2 du manuscrit du curé Gourdon)

Le contenu du manuscrit

 

Dans son manuscrit, le curé Gourdon décrit l’historique de l’église (l’ancienne), raconte les évènements religieux et politiques, décrit la rénovation des calvaires, parle de la pluie et du beau ou mauvais temps, du passage de la comète,  il détaille les généalogies des « honorables familles », établit les listes des curés et vicaires, des ensépulturés dans l’église et dans la chapelle Ste Anne, il épluche les archives paroissiales et communales. C’est une mine considérable de renseignements sur l’histoire de Brain-sur-Longuenée.

Comme beaucoup de curés de l’époque il est très lié aux habitants des châteaux… Il traite de « femme à soldat de peu de conviction » la veuve d’un chouan qui avait épousé en deuxième noce un soldat républicain. Il est dédaigneux envers «  la famille Pagis (ou Paigis) que l’on voit s’allier avec celles qui jouissent de quelque considération et dont les membres sont qualifiés d’honorables ». Il se serait retourné dans sa tombe s’il avait appris que, par la suite, c’est cette même famille Pagis qui a donné le plus de prêtres et de religieuses à Brain !

Il a eu deux vicaires successifs pendant ses sept dernières années de ministère, mais il en parle peu.

Après chaque grande fête religieuse, les notables sont invités à la cure pour la signature officielle du compte-rendu.

 

15 Août 1854

Elisabeth Pinac 2ème épouse de Marie Mauvif de Montergon ancien maire.

Rosine Pïnac, sœur de Madame.

Marie Louise Mauvif de Montergon, leur fille, 22 ans, fiancée d’Etienne Gourdon.

Alexis Mauvif de Montergon, fils du premier mariage de Marie avec Jeanne Ollivier de Pléneuf.

Mathilde Myionnet d’Angers.

Monsieur Marie Mauvif de Montergon.

Abbé V. Leroyer professeur à Combrée.

Jean Gourdon, curé.

 

19 Juin 1859

Charles Poidevin, maire.

Jean Jacques Lebrun instituteur.

Frédéric Denis ancien instituteur, trésorier de la Fabrique.

Jean Gourdon, curé.

 

1867 - 1868

Monseigneur Guillaume Angebault évêque d’Angers.

Charles Poidevin, maire

Abbé F. Chesneau, vicaire Général

Jean Gourdon, curé.

Comte Pierre Léonce de Terves

J.F.Lorioux Curé

G.de Lozé

Etienne Richou

Fils Léonce de Terves

Adolphe Mauvif de Montergon

???

Grimault Secrétaire de Monseigneur

P. Mançais

Pineau

P. Ricoult

Jacques Piffard vicaire

V. Bretaudeau vicaire du Lion

Frédéric Denis trésorier de la Fabrique.

L. Lorioux curé de La Pouèze

A. Bourigault

???

 

10 novembre 1869

Marie De Terves épouse de Xavier de la RocheBrochard.

Vicomte (Pierre Charles) Eugène de Terves de Terves.

Marie de Lozé.

J. Châlon aumônier des hospices de Beaufort-en-Vallée.

Adolphe Mauvif de Montergon.

Augustin Le Boucher, curé de Beaufort-en-Vallée.

C. Mauvif de Montergon.

Rosine Pinac sœur de Elisabeth Pinac veuve de Marie Mauvif.

H. de Biré

G. de Lozé

J.P. Gourdon, curé.

 

Pèlerinage au champ des martyrs à Avrillé, le mercredi 1er juin 1870                            

Suite à la sécheresse calamiteuse de cette année.

 

« Il avait été décidé qu’on partirait en voitures (à cheval) ou en carrioles… A l’heure convenue, 5 heures du matin, les cloches annoncent le départ, je prends la tête du défilé avec ma voiture, celle de monsieur le maire ensuite, puis tous les véhicules chargés de monde défilent en ordre au nombre d’un cent à peu près ; car dix ou douze métairies des paroisses voisines étaient venues s’adjoindre à nous. C’était un coup d’œil curieux que de voir cette longue ligne de voitures suivant les contours de la route et prenant un espace de 2 km.

 

 

Nous arrivons avant sept heures à Avrillé situé à 16 kilomètres : en quelques minutes les chevaux sont dételés et logés partout où on peut…

Quatre de nos chantres sont en habits de chœur… Les enfants de chœur sont revêtus de leur soutane rouge et de leur rocher… La bannière est portée par Jean BedouetFrançois Leroux en tête fait sonner les échelettes avec une habileté qui lui est propre… Le chœur des chantres est soutenu d’une sax-horn basse… Dans la chapelle, Adolphe de Montergon se met à l’harmonium… 

 

 

Aussitôt après, les chevaux sont attelés et nous revenons à Brain comme nous en sommes partis.».

                  Signé J.P. Gourdon, curé.

 

Testament de Frédéric Denis ancien instituteur,             

            « Le 26 octobre 1870, devant Maître Gautier notaire à Vern et en présence de : 1° Jean Pierre Gourdon curé, 2° Eugène Richou, maire et propriétaire à la Maison Blanche, 3° Jacques Piffard, vicaire, 4° Alcide Beurrier instituteur, a comparu Frédéric-René Denis, lequel malade de corps mais sain d’esprit, de mémoire et de jugement, a dicté son testament et institué sa sœur Joséphine Elisabeth Denis célibataire légataire universelle (sa femme et sa fille sont décédées) ...

A charge pour ma dite légataire d’employer une somme de deux mille francs à prendre sur les plus clairs      deniers de ma succession pour payer les frais d’inhumation et d’enterrement de première classe, faire dire des messes. Et distribuer du pain aux pauvres de la commune jusqu’à concurrence de mille francs.

Fait et passé au bourg de la commune de Brain-sur-Longuenée, en la demeure de Monsieur Denis, en une chambre au premier étage où est couché le testateur, l’an mil huit cent soixante-dix, le vingt-six octobre à six heures du soir.

Et a le testateur déclaré savoir signer mais ne pouvoir le faire actuellement à cause de la faiblesse de sa vue… »  (Archives famille Poilièvre)

 

Monsieur Frédéric Denis décèdera le 9 Janvier 1871 dans sa 69 ème année ;  le curé Gourdon décèdera trois mois plus tard, le 15 avril 1871, dans sa 65 ème année.

                                                         

 

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